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DPH La prudence est de mise

Depuis le début de l’année, le secteur DPH (droguerie, parfumerie et hygiène) a progressé de 8,9 % au sein de l’indice Stoxx Europe). À taux de change constant, cette performance correspond à la tendance observée sur le marché américain (où l’indice S&P 500 pour le secteur DPH affiche une hausse de +9,1 %). Le secteur plus large des biens de consommation courante a progressé de 4,5 % au sein de l’indice S&P 500. Après avoir particulièrement surperformé au premier trimestre 2017, le secteur DPH montre des signes de faiblesse. Comment expliquer cette évolution?.

La solide performance du secteur a été portée par des tentatives de prise de contrôle très audacieuses, telles que l’offre d’achat de Kraft Heinz sur Unilever pour un montant de 143 mrd USD en février 2017. Cette opération aurait fait naître le second groupe mondial de biens de consommation en termes de chiffre d’affaires. Toutefois, Unilever a immédiatement rejeté cette offre, considérant celle-ci comme hostile compte tenu de sa prime de 18 %. De plus, d’éminents gestionnaires financiers et responsables politiques se sont montrés fermement opposés à ce rachat. Kraft Heinz a fini par s’incliner et a publié une déclaration conjointe de retrait amiable de l’offre le 20 février.

Dans la foulée, Unilever a publié un plan à trois ans tablant sur une amélioration de sa rentabilité, un recentrage de son portefeuille (avec la cession des entités offrant les perspectives de croissance et de bénéfices les plus faibles) et une hausse de sa marge EBIT de 60 à 80 points de base pour les exercices 2017 et 2018 (les orientations pour 2017 ont ensuite été relevées à 100 pb). Des mesures supplémentaires de réduction des coûts ont également été annoncées pour un montant qui devrait dépasser 1 mrd EUR d’ici 2019. Unilever a mis la barre très haut, dans un contexte où ses concurrents font face à une baisse de leur croissance organique (environ 2 % en moyenne au 2e trimestre 2017).

Les perspectives du secteur DPH en Europe pour le 3e trimestre 2017 semblent mitigées. Seul un léger rebond de la croissance organique est anticipé, grâce à un piètre point de comparaison. En outre, la dématérialisation et l’évolution des habitudes des consommateurs remettent en question les modèles économiques du secteur. Des réductions des budgets publicitaires et promotionnels sont à prévoir pour le premier semestre 2017. Enfin, les leaders du marché rachètent activement les nouveaux entrants offrant des perspectives prometteuses, avec des primes souvent très élevées.

L’analyse de notre couverture sectorielle nous conduit à conserver notre positionnement Neutre sur L’Oréal compte tenu de sa valorisation élevée (PER estimé de 25x pour l’exercice 2018). Nous n’anticipons pas de changement de la structure de l’actionnariat (famille Bettencourt : 33 %, Nestlé : 23,1 %). De plus, nous dégradons Estée Lauder (EL) à Neutre, bien que les résultats et la croissance organique exceptionnels du groupe justifient une surcote (PER estimé de 25,9x pour 2018). L’action a gagné près de 42 % depuis le début de l’année, ce qui réduit l’attrait de son ratio risque/rendement. Enfin, Henkel nous semble offrir le meilleur profil risque/rendement du secteur. Le repli récent du cours de l’action ne nous paraît pas justifié. Henkel est leader sur le segment des technologies adhésives, dont le potentiel de croissance pourrait être sous-estimé par le marché.

Auteur
Danny Van Quaethem

Expert actions

Données et recommandations à la clôture du 09 octobre 2017

Ce document présente des idées en matière d’actions destinées exclusivement aux investisseurs éventuels. Ce document ne peut être considéré comme adapté à une personne ou basé sur l’analyse de la situation spécifique d’une personne.