!css

Press releases

Compagnies aériennes européennes La Guerre des tarifs

Malgré une série de faillites, 2017 a été une bonne année pour le secteur du transport aérien européen. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la baisse des capacités (nombre de places disponibles) est un signe de vigueur et non de faiblesse. La surcapacité persistante du marché (conséquence de la faiblesse persistante des prix du carburant) a provoqué une guerre des tarifs sur les liaisons court-courrier. La domination des compagnies à bas coûts a rendu ce segment très concurrentiel et a poussé certains acteurs à abandonner.

Trois compagnies aériennes pourtant bien établies ont fait faillite au cours des huit derniers mois. Alitalia, la compagnie aérienne nationale italienne, a déposé le bilan en mai. Le deuxième plus grand transporteur allemand, Air Berlin, l’a suivie en août, son principal actionnaire (la compagnie aérienne émiratie Etihad) ayant décidé de suspendre son financement. Enfin, Monarch, une compagnie aérienne britannique prisée par les vacanciers, a engagé une procédure d’insolvabilité début octobre, laissant aux autorités britanniques le soin d’organiser le retour de 110 000 touristes.

Avec la disparition de ces transporteurs affaiblis, les capacités ont considérablement diminué sur certains créneaux de plusieurs hubs durant l’année (à Londres et à Berlin en particulier). Cela a permis aux concurrents restants de produire de meilleurs rendements, de limiter les baisses de revenus unitaires (revenu moyen par siège) et d’afficher de meilleurs coefficients de remplissage de leurs appareils. Les transporteurs nationaux sont les principaux bénéficiaires (notamment IAG et Lufthansa), ainsi que les transporteurs à bas coûts dans une certaine mesure (principalement easyJet). Certains d’entre eux en ont profité pour se positionner sur les actifs des transporteurs en faillite (appareils, créneaux, etc.). Si les développements récents devraient permettre de mieux aligner les niveaux de capacité sur la demande des passagers, sonnant potentiellement le glas des guerres tarifaires, une accélération de la croissance des capacités des compagnies aériennes semble s’annoncer pour 2018.

Cela étant, 2018 devrait être une bonne année pour les compagnies aériennes européennes selon nous. Les bénéfices s’orientent vers une croissance à deux chiffres, sous l’impact de la demande des passagers (qui devrait dépasser la croissance des capacités), de la reprise économique européenne et du contrôle des coûts dans un contexte de hausse des prix du carburant et des coûts salariaux.

L’Association du transport aérien international (IATA) prévoit une hausse de 17% des bénéfices des compagnies aériennes européennes en 2018. L’Europe apporterait ainsi la plus forte ,contribution à la croissance mondiale des bénéfices alors qu’elle ne génère « que » 30% du montant total estimé (38,4 milliards USD). En revanche, l’Amérique du Nord, qui représente plus de 40%, ne devrait progresser que de 5%. L’activité de fusionsacquisitions devrait également s’intensifier (valorisations attrayantes, amélioration des perspectives). En revanche, un échec des négociations sur le Brexit constitue un risque majeur (conséquences sur les droits de vol).

Globalement, nous privilégions les transporteurs à bas coûts. Nous estimons qu’ils présentent un potentiel haussier plus élevé dans un environnement extrêmement concurrentiel. Notre premier choix est Ryanair, la plus importante compagnie aérienne à bas coûts et le 1er transporteur aérien européen en nombre de passagers.

Auteur
Hafid Lalouch

Expert actions

Données et recommandations à la clôture du 11 Decembre 2017

Ce document présente des idées en matière d’actions destinées exclusivement aux investisseurs éventuels. Ce document ne peut être considéré comme adapté à une personne ou basé sur l’analyse de la situation spécifique d’une personne.